Discours prononcé devant le siège d’INTERBEV à Paris - 31.10.16

Discours écrit et prononcé par Tiphaine Lagarde au nom et pour le compte de l’association 269Life Libération Animale (Tous droits réservés) :
“ L’association 269Life Libération Animale est ici aujourd’hui pour dénoncer l’exploitation et l’oppression dont sont victimes les animaux dans notre société, une injustice sur le dos de laquelle le lobby de l’élevage et de la « viande » représenté par INTERBEV, se fait des milliards d’euros de profits.
Malgré nos demandes, les dirigeants de ce puissant syndicat devant lequel nous nous tenons aujourd’hui ont refusé de nous rencontrer, de nous répondre et surtout d’apporter des justifications au “carnisme”, idéologie qu’ils défendent en faisant l’apologie de la viande.
Car oui, ils ont bien du mal à justifier autrement que par la quête du profit leur activité et surtout à l’heure où une résistance se fait entendre, à l’heure où des penseurs de tout bord remettent en question cette vision passéiste qu’on appelle l’humanisme et qui voudrait que notre condition humaine nous donne le droit de vie et de mort sur les autres animaux, à l’heure où un véritable mouvement pour l’égalité se fait entendre, à l’heure où nul ne peut prétendre ignorer la souffrance qu’on inflige à des millions d’êtres sensibles dans les élevages et les abattoirs.
Mais nous avons choisi de venir quand même INTERBEV à quelques mètres de tes bureaux, bien loin des élevages sordides dont tu fais la promotion et présente une vision mensongère. Nous sommes là aujourd’hui parce que non content de défendre un secteur mortifère et assassin, voilà que tu viens maintenant répandre jusqu’à nos écoles, jusqu’à l’oreille de nos enfants, ton flot de mensonges honteux. Voilà que tu viens inculquer aux enfants ta savante propagande pour leur faire croire que le sang des animaux qu’ils admirent dans les histoires et qu’ils cajolent contre leur coeur doit nécessairement couler pour remplir leur estomac.
De force tu aimerais leur faire perdre cette affection si naturelle que chaque enfant développe pour les animaux.
De force tu aimerais briser ce mouvement qui murmure que l’humain ne devrait pas s’ériger en espèce supérieure, tu aimerais qu’on ne dise pas aux enfants que ce qui se trame dans les abattoirs est un désastre moral.

Pourtant les enfants ont le droit de savoir comme chacun de nous. Leur jeune âge n’en fait pas des incapables à qui il faut présenter une vision tronquée de la réalité. Nous ne laisserons pas les puissants lobbies de l’exploitation animale endoctriner nos enfants pour en faire de futurs consommateurs aveugles.

Pourtant les enfants ont le droit de savoir comme chacun de nous. Leur jeune âge n’en fait pas des incapables à qui il faut présenter une vision tronquée de la réalité. Nous ne laisserons pas les puissants lobbies de l’exploitation animale endoctriner nos enfants pour en faire de futurs consommateurs aveugles.
La propagande fait des soldats, elle ne fait pas des penseurs ni des résistants. Elle rend les individus conformes à un modèle, leur faisant partager préjugés, mythes et convictions. La propagande est une machine à conformer et surtout pas à penser.
Interbev, tu devrais avoir honte car tu uses de tous les outils des dictatures et idéologies totalitaires. Tu utilises la peur pour faire croire aux enfants et à leurs parents que la consommation de viande est une nécessité, un mal nécessaire alors que toutes les études démontrent le contraire. Tu uses et entretiens l’ignorance en présentant une vision mensongère de nos chères campagnes en présentant un élevage heureux et des animaux contents de donner leur vie.
L’école est là pour enseigner aux enfants à douter de ce qui leur paraît évident. Ta propagande, au contraire, leur enseigne à tenir pour évident ce dont il serait raisonnable de douter. Avant toi déjà, toutes les idéologies totalitaires manipulaient les esprits de la sorte ! Tu leur fais croire que le monde n’est régi que par la domination d’une espèce érigée en maître du monde, au lieu de leur apprendre à construite une société non violente à l’égard des autres vivants, à vivre dans le respect de la différence, à la voir comme une infinie richesse.
Tu mets la guerre et le sang dans les assiettes de nos enfants !
Interbev, tu veux faire de nos enfants des adultes qui ne pensent pas ! Mais crois tu que l’école est là pour apprendre aux enfants comment mener à l’extinction des espèces par milliers et en réduire d’autres à l’esclavage jusqu’à ce que leur existence ne mérite plus de porter ce nom ?
Puisque vous osez, nous oserons aussi.
La vérité, nous la dirons, car nous avons promis de la dire. C’est un devoir vis-à-vis des générations futures et nous l’avons promis à ces milliards d’animaux qui souffrent dans l’indifférence générale.
Notre devoir est de parler pour ne pas être complice. Si tu leur disais la vérité, les nuits des enfants seraient hantées par le spectre de ces innocents qui expient là-bas, dans la plus affreuse des tortures, pour des crimes qu’ils n’ont pas commis.
Mais surtout puisque tu veux venir dans les écoles, tu devrais en passer les portes avec ton terrible cortège.
Avec ceux qui sont morts et meurent chaque jour dans les abattoirs crasseux ; avec tous ces animaux qui survivent dans des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de ceux que l’on mène au couteau, avec les trois millions d’animaux qui trépassent chaque jour pour rien.
Entre dans nos écoles avec ton cortège de victimes pour que les enfants puissent te demander qui ils sont et pourquoi tu les as fait mourir, entre avec le peuple animal né de l'ombre et disparu avec elle.
Si tu veux leur montrer la vérité, fais les entrer dans ces élevages sordides où les animaux ne font que survivre, dans ces camps de la mort où les animaux n’entrevoient pas la lumière du jour et sont privés de tout.
Fais les entrer dans ces abattoirs où règne l’odeur nauséabond de la chair meurtrie, où s’élève les cris atroces de ces êtres que l’on mène à l’échafaud.
Fais leur entendre la plainte du veau qui ne verra jamais sa mère.
Fais leur voir ces milliers de poules entassées dans le noir et vouées à une existence qui n’en mérite même plus le nom.
Fais leur sentir l’odeur du sang caillé et du cadavre.
Fais leur toucher le corps endolori de ces mères animales que l’on exploite jusqu’à ce qu’elles en meurent.
Et là c’est une vraie leçon qu’ils apprendront : celle du mal, du mal immense, dont est capable l’humanité.
Et finis bien ta leçon en lui enseignant que sous prétexte d’être humain, il détient le droit de vie ou de mort sur les animaux, enseigne lui que la différence rime avec l’inégalité.
Tu en feras un parfait oppresseur. Tu en feras un bourreau ordinaire.
Exclure les animaux de toute considération morale c’est le terreau pour légitimer toutes les discriminations.
Et lorsqu’en dernier recours tu brandiras la « tradition » comme argument souviens toi qu’on l’a déjà utilisé pour légitimer l’esclavage. Alors quelle justice peut naître dans un monde où les humains acceptent ainsi le mal qui est commis chaque jour envers les animaux ? La justice est une conquête, plus qu’un héritage. Toute idée ayant participé aux habitudes d’une société peut être considérée comme partie de son patrimoine. C’est un fait et il en va ainsi du spécisme. Mais la question n’est pas de savoir s’il s’agit d’un patrimoine, la question est de savoir si nous sommes fiers de cet héritage et si nous souhaitons le perpétrer ! Le spécisme est une dette, une pensée dominante qu’il faut aujourd’hui urgemment déconstruire.
Toi qui la défends, tu n’as pas ta place sur les bancs d’une école.
Interbev, tu te fais l’avocat d’une filière moribonde qui repose sur la souffrance et la mort de millions d’individus.
Aux millions que tu jettes pour ta propagande, nous opposons la justice, le respect et le bon sens.
A tes « armadas » de missionnaires en col blanc venus vanter les mérites de la chair animale, nous opposons notre courage et notre détermination à rétablir la vérité.
A ta propagande mensongère, nous opposons les réflexions des plus grands philosophes et penseurs qui de tout temps ont élevés la voix face à la manière dont nous traitons les animaux.
Car une société qui relègue l’empathie et la justice au rang des matières superflues dans ses écoles peut se préparer à une guerre et ne peut être que le reflet d’un désastre moral.
Un désastre moral oui car la belle leçon que tu laisseras dans la tête de nos enfants, c’est celle du spécisme. Cette discrimination arbitraire fondée sur le critère de l’espèce, responsable de milliers de milliards de morts chaque année.
Nous avons la chance de vivre dans une société qui condamne moralement et juridiquement le fait qu’un être humain puisse asservir et tuer son semblable en invoquant des idéologies oppressives. Nous pensons vivre dans une société « juste » fondée sur le respect du principe d’égalité. Pourtant, chaque jour et partout dans le monde, il est bien des êtres vivants, des êtres sensibles et sociaux, des êtres qui tiennent à leur vie, auxquels nous infligeons ces violences et crimes en toute impunité. Mais parce qu’ils n’ont pas la chance de faire partie du petit cercle privilégié qu’on nomme « l’humanité », parce qu’ils ne nous ressemblent pas physiquement, parce qu’ils ne parlent pas le même langage, parce qu’ils ne poussent pas toujours de cris audibles pour l’oreille humaine, nous ignorons leur intérêt à vivre et nous les transformons en « biens appropriables », en « marchandises ».
Alors pour creuser chaque jour et jusqu’à notre perte cette distance orgueilleuse avec eux, nous avons rejeté les animaux, nous les avons relégués loin des villes, nous en avons fait des « autres », des figures négligeables. Nous ne les appelons pas des victimes, nous n’appelons pas çà une guerre. Chaque jour, nous devenons des bourreaux inconscients, incapables de penser autrement que par des codes culturels qui nous inculquent un « humanisme » exacerbé qui sacralise l’Homme. Cet humanisme là est pourtant le terreau pour toutes les pensées d'exclusion et dans cette entreprise d’anéantissement, tout est fait pour que les animaux n’existent jamais à la première personne.
Le spécisme domine le peuple par l’imposture et non pas par la justice. Il est un crime du coeur et de l'esprit. Il nous abaisse, il salit, il détruit. Nous sommes antispécistes, nous défendons l’idée que nous faisons partie du vivant, que nous sommes habitants d'une même contrée, que nous sommes partie d’un tout (le monde sentient) ; alors si l’un de nous dans le monde n’est pas libre, aucun être sensible ne peut se sentir libre. Nous n’agissons pas pour autrui, pour l’autre, nous agissons pour nous tous car nous sommes tous des animaux.”

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